
Jumelage SILBA - THÉNAC
SILBA d’hier et d’aujourd’hui
L'histoire de SILBA
Les Croates ont peuplé SILBA dès le VIIIème siècle.
En premier lieu, ils sont éleveurs de bétail, en ayant
l'obligation de donner un quart de leur élevage et produits agricoles aux nobles de Zadar dont ils sont les vassaux.
La stérilité du terrain et les nouvelles données économiques incitent les habitants de SILBA à se
tourner vers la pêche.
À partir du XVIème siècle, ils s'orientent vers le commerce par bateaux. La situation de l'île est idéale pour le développement de cette activité : proximité de Zadar et de Venise, présence de baies favorables à l'installation des bateaux.
Le XVIIIème siècle voit se renforcer cette activité maritime : transport de petit et gros bétail de Zadar à Venise, puis transport de marchandises diverses en Méditerranée.
À SILBA, on compte alors 200
puissants armateurs, 150 vaisseaux à voile, avec une capacité de transports de 20 000 tonnes.
Parallèlement, l'île a une activité agricole intense : élevage de bétail, certes, mais aussi culture de la vigne.Cette
prospérité induit une grande activité de construction : maisons individuelles et édifices sacrés.
La richesse culturelle va de pair. La majorité des hommes savent lire et écrire, les premières écoles de l'archipel de
Zadar apparaissent à SILBA.
Les maisons, mais surtout les églises, sont décorées de peintures de valeur, qui constituent aujourd'hui le trésor de SILBA.
Le XIXème siècle va mettre un terme à cette opulence :
- occupation napoléonienne,
- guerre des pirates de l'Adriatique,
- apparition des bateaux à vapeur.
La flotte de Silba est ruinée, car incapable de s'adapter. De nombreux marins
s'embarquent sur des bateaux modernes appartenant à d'autres pays et émigrent vers l'Amérique ou l'Australie.
Un autre malheur frappe l'île, de 1894 à 1900 : le phylloxéra. 15 % des terres cultivables sont
abandonnées et la vigne disparaît. La population de SILBA s'amenuise peu à peu.
D'autres activités économiques prennent le relais : conserverie de poisson (de 1907 à 1914), coopérative de pêche de 1927 à la guerre, plus
tard, le tourisme.
- L'approvisionnement en eau :
La fourniture de ce précieux élément est faite par les eaux pluviales recueillies dans les citernes souterraines des particuliers, construites dans ou à proximité immédiate
de chaque habitation.
En cas de pénurie, des tankers venus du continent réapprovisionnent les grandes citernes communales. Un service de gestion de l'eau approvisionne, pour un coût relativement élevé, les citernes des
particuliers.
SILBA a un dispensaire qui dépend du centre hospitalier de Zadar. Un médecin et sa famille y sont installés toute l'année.
Ce médecin a également en charge le
suivi médical des populations des îles de Olib et Permuda. Les soins les plus importants sont assurés par l'hôpital de Zadar. Un bateau, piloté par un marin, est mis à la disposition du médecin pour effectuer sa tournée hebdomadaire,
ceci en fonction de l'état de la mer. L'installation du dispensaire est précaire, le mobilier, très ancien et insuffisant.
Depuis 1991, l'approvisionnement en médicaments et en petits ustensiles a été assuré, dans
sa quasi-totalité, par l'association française
“Aide et Solidarité aux Populations en Détresse”,
dont le siège est à Saintes et le dépôt à Thénac.
- L'électricité :
Des lignes sous-marines amènent l'électricité depuis Losing. Quelques habitations
dispersées ne sont pas encore desservies.
SILBA fait partie de la Dalmatie, qui est aujourd'hui l'une des provinces de la Croatie.
SILBA
se situe à 29 miles marins (environ 55 km) au nord de Zadar.
Elle appartient à la province dalmate de la Croatie.
La mer qui l'entoure est l'Adriatique.
Superficie : 1 500 ha
Longueur : 8,5 km
Forme : comme un 8. Elle est étranglée en son milieu.
Point culminant : 80 m au nord.
Profondeurs marines : pouvant atteindre 100 m
Climat : méditerranéen.
Végétation : luxuriante (chênes verts, oliviers, pins).
Précipitations annuelles : de 800 à 1200 mm.
Vents : Bura (prononcer “Boura”, originaire du nord, soufflant de la chaîne des Vélébit), Mistral (vent en provenance de la mer), Jugo (“Yougo”, vent du sud)
Température moyenne : janvier + 6°, juillet + 26°.




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de Pierrette : l’ode à Silba
L’idée d’un jumelage de Thénac avec Silba en Croatie est née dès 1989 car Tomislav Vukorep était Conseiller Municipal dans notre commune.
Elle
s’est concrétisée en 91 au début de la guerre en Croatie par l’envoi de médicaments, de matériel médical, de vivres,… par semi-remorque en 12 convois organisés par l’A.S.P.D. (Association Aide et Solidarité aux
Populations en Détresse).
Le jumelage a eu lieu officiellement en juillet 97 et a pour but des échanges sociaux, culturels, économiques, sportifs.
54 personnes de Thénac ont accompli un
premier voyage à Silba du 26 juillet au 3 août 99
45 habitants de Silba sont venus l’année suivante chez nous.
Contacts : Tomislav Vukorep : 05.46.92.63.25
à Thénac : Pierrette Pouts : 05.46.92.20.64
Site web de Silba : http://www.silba.com



L'île est desservie régulièrement par de nombreux bateaux de tourisme en provenance de Zadar, Rijeka, Mali, Venise et Losing.
Aucun véhicule motorisé n’est
autorisé à circuler à SILBA, à l'exception du cyclomoteur du facteur et des mini-tracteurs, réservés à l'approvisionnement des magasins et à l'enlèvement des ordures.
Aucune production n'a lieu sur l'île,
ni agricole, ni industrielle. On trouve cependant quelques commerces : épicerie, boucherie, fruits et légumes, boulangerie, quincaillerie, bazar, restaurants, glaciers.
Quelques artisans subsistent également : menuisiers, maçons, plombiers, électriciens, mécaniciens pour bateaux.
La pêche est pratiquée par tous les habitants de l'île. Il s'agit d'une pêche artisanale pour les
besoins privés et la vente directe aux particuliers (thons, rougets, sardines, calamars...).
Le tourisme représente l'activité principale de SILBA.
Avant la guerre de 1991-1995, la population hivernale de l'île était de 220 personnes environ et estimée à quelque 5000 âmes en été (Allemands, Italiens, Slovènes et Anglais, et accessoirement, Français, Néerlandais et Américains).
Les habitants de l'île ont beaucoup investi pour aménager des chambres d'hôtes. Les principaux attraits touristiques sur lesquels l'accent est mis sont bien sûr la mer et le soleil.
SILBA possède une mairie, gérée par un conseil, avec à sa tête un président nommé par la municipalité de
Zadar dont l'île dépend administrativement et financièrement.Une poste, un commissariat de police et une école primaire composent les services offerts à la population. Deux institutrices sont en poste à l'école, dont une parlant et
enseignant à ses jeunes élèves les rudiments de la langue française. A partir du secondaire, les élèves vont à Zadar.
SILBA est de religion catholique. On trouve sur l'île deux églises et une chapelle. Le Saint Patron de
l'île est St-Joseph. Un prêtre réside à SILBA et assure le culte dans les îles voisines.
Les fêtes et les pratiques religieuses ont été rétablies depuis la fin du régime communiste.
Les habitants de SILBA
parlent avec aisance les langues étrangères. Pendant longtemps le russe et le serbo-croate leur furent imposés comme langues obligatoires. Aujourd'hui, ils parlent le croate et les anciens ont gardé leur “patois”.
Ils ont également conservé le folklore dalmate haut en couleurs.
Silba, mon île enchantée . . .
C’était en plein été, il y a douze années.
Dès le premier regard tu m’as ensorcelée.
Cela s’est fait d’une manière subtile,
Telle précieuse essence qu’à grand soin on distille.
Tes contrastes sont source d’une grande richesse.
Tes ruelles bordées de murs en pierres sèches
Semblent serpenter là, au gré de tes maisons.
Vierges de numéros, ne portant pas de noms
Elles nous entraînent dans un domaine hors du temps.
C’est ainsi qu’ils étaient nos villages d’antan
Avant que le “progrès” ne vienne les polluer !
Ici c’est la nature dans toute sa beauté.
Plantes grasses surgies des trous de tes murets
Prolifèrent hardiment en toute liberté.
Tous tes bougainvillées en pleine floraison
Coulent en cascade sur les murs des maisons.
J’aime au petit matin partir en solitaire
Pour voir jaillir de l’onde le bel astre solaire.
Je goûte ton silence, seule sur la grève
Sur ce lit de galets je m’étends et je rêve.
Un pêcheur matinal vient un instant troubler
Du moteur de sa barque, notre complicité.
Pêcheur de bars, d’arbuns ou bien de kalamars
Laisse-moi profiter de ces instants si rares !
Mon île enchantée tu possèdes en ton sein
La fleur la plus précieuse que m’offre le Destin,
Cette fleur merveilleuse, ici je l’ai trouvée,
Ne cherche pas son nom, je vais le prononcer




Car il est dans ma bouche aussi doux que le miel.
Mon île enchantée tu m’as apporté l’essentiel :
L’A m i t i é.
Les années ont passé. Avec à mes côtés
L’homme que je chéris depuis cinquante années,
Je partage maintenant dans le petit matin
Le délicieux plaisir d’aller main dans la main
Admirer le soleil qui monte, flamboyant,
Vénus sortant de l’onde, orgueilleusement.
Quand je ne pourrai plus, sur mes deux pieds,
Fouler tes calmes ruelles, tes plages de galets,
Mon cœur ressortira les images gravées
Par mes yeux, tout au long de ces belles années
Elles prendront place dans le wagon nommé “Bonheurs”
Du train qui me conduira vers un ultime ailleurs…
Silba, le 14 septembre 2009
Pierrette Pouts