

Le 19ème siècle assiste au long règne
de la dynastie des Eschassériaux :
- Camille, fils de Joseph, est nommé dès 1830 maire de Thénac ; élu conseiller général, puis député, il se fait connaître pour sa sensibilité bonapartiste et une hostilité militante à l’égard de l’Eglise officielle.
- Eugène, unique héritier, petit-fils commun des frères
révolutionnaires, reprend le flambeau politique en étant nommé maire de Thénac en 1850 par Louis-Napoléon Bonaparte.
Défenseur zélé du bonapartisme, Eugène Eschassériaux domine un demi-siècle la commune
à partir du château du Grand-Logis.
Conseiller général et député, il est même le responsable du groupe parlementaire bonapartiste après la chute de l’Empire jusqu’à ce que la mort du Prince Eugène, héritier
impérial, ne mette fin aux espoirs de restauration d’un troisième empire.
Eugène ESCHASSÉRIAUX,
Edmond MAGUIER
et les châteaux :
Le second empire a été marqué par un incontestable essor économique, dont bénéficie la viticulture qui couvrait alors
toute la moitié nord de la commune.
Les grandes demeures caractéristiques du style charentais apparaissent alors.
Les viticulteurs, majoritaires jusqu'à la crise phylloxérique, restent fidèles au bonapartisme bien
au-delà de la chute de Napoléon III et de l'établissement de la République,
alors que les carriers des Mauds sont républicains.
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Le château Maguier fut construit
entre 1873 et 1875 en pierre de Thénac
selon un plan rectangulaire et flanqué aux extrémités d’un corps de bâtiment en léger ressaut ;
il dispose d’un avant-corps à pans coupés
sur la façade principale.
Cependant son originalité réside dans l’ampleur de l’ornementation :
- loggias à balustres,
-
figurines sculptées coiffant certaines fenêtres,
- oculi au fronton cintré alternant avec des
lucarnes surmontées d’un fronton triangulaire,
- pilastres corinthiens…
l’ancien château du Grand Logis… d’avant 1900
(avant sa démolition par M. Marlaud)
Cependant la population diminue régulièrement pendant un siècle : la crise du vignoble, la ligne de chemin de tramways Saintes-Mortagne et donc l'attraction de nouveaux métiers urbains à la fin, mais aussi la faiblesse nouvelle du nombre d'enfants entraînent une atonie de la vie locale.
Entre la chute de l’Empire et son départ de la mairie en 1904, le “Baron Eugène”
doit affronter le développement du courant républicain animé longtemps par le poète Edmond Maguier, fils du constructeur du château aujourd’hui municipal, surtout après la mort de son ami le journaliste et romancier Charles-Victor Vallein,
fondateur du journal conservateur “l’Indépendant” installé au petit château de La Pointe.
THÉNAC au XXème siècle :
Depuis 1904, les Républicains contrôlent le conseil municipal. Les jeunes hommes partent au front en Août 1914 et servent surtout au 6ème et au 216ème régiments d’infanterie.
La saignée de 1914-1918 accentue le déclin humain
constaté depuis le milieu du 19ème siècle et la vie associative est dominée longtemps par les associations d’anciens combattants.
À la veille du second conflit, la nouvelle course aux armements conduit Hispano-Suiza à installer une usine de fabrication d’obus de canons pour avions de chasse
sur la route de Bordeaux aux limites de Saintes, Les Gonds et Thénac.
La défaite de 1940 met fin à cette activité.
Après guerre, les installations sont reprises par l'aviation militaire.
La laiterie des Arènes, puis les carrières déclinent et la ligne de tramways est fermée.
À la Libération, est élu maire Mr Pailloud ancien radical devenu communiste, qui doit laisser sa place à un agriculteur gaulliste, Mr Grenot, en 1947. Ce dernier a dirigé la commune jusqu’en 1989.
Depuis une génération, la tendance démographique s'est inversée grâce à l'extension de l'agglomération saintaise (voir statistiques INSEE).
Commune rurale et agricole depuis des millénaires, Thénac est devenue une collectivité périurbaine, marquée par la délocalisation des activités artisanales et l'éclosion de nouveaux hameaux.
Cependant la vie sociale et associative y est très active.
À l’intérieur le vestiaire et l’escalier avaient été ornés
de peintures murales naïves et champêtres.
Dans le parc, des palmiers et des tridacnes,
coquillages géants, annonçaient le style colonial.
Eugène Eschassériaux (1823-1906)
Edmond Maguier
1847-1907
le tramway Saintes - Gémozac - Mortagne passait à Thénac de 1894 à 1947 !

et le nouveau Grand Logis
construit par Eugène Eschassériaux
À l’autre extrémité du bourg, le château du Grand Logis, construit par les Guinod, les Roudier, et les Eschassériaux, est rasé au début du siècle par l’ingénieur responsable de la construction de la ligne de chemin de fer Saintes-Royan et nouveau maître des lieux au profit d’une grande demeure de style normand.



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Remerciements :
Toutes les cartes postales
représentées dans ces pages d’histoire proviennent
de la collection de
M. René LUCAS de Thénac.

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